Didier Béguin est né le 14 décembre 1918 à
Paris.
Engagé en avril 1937 dans l'armée de l'air, il
est affecté à l'école de pilotage de Bourges
où il passe son brevet de pilote. Caporal-chef puis sergent,
il est affecté en janvier 1938 au Groupe
aérien d’observation 507 à Luxeuil-les-Bains.
Au moment de la déclaration de guerre, il se trouve avec son
groupe sur le front de l'Est et effectue 6 missions sur Mureaux 115
dans les premiers mois de la guerre. Début 1940, il suit le
cours préparatoire au peloton d'élève officier
à Tours, puis effectue un stage de transformation sur Potez
63 à Toulouse-Francazals au moment de l'Armistice.
Refusant la défaite, il décolle, le 22 juin 1940 de
Toulouse-Francazals à destination de l’Angleterre aux
commandes de son Caudron Goéland avec le lieutenant Roques
et les aspirants Schloesing, Ricard-Cordingley
et Casparius.
Malgré les tirs de la DCA française, l'appareil
met le cap à l'Ouest et parvient, à court d'essence,
à se poser dans le Devonshire. Rallié immédiatement
aux Forces
aériennes françaises libres
(FAFL), il fait un court passage
à Saint-Atham et Odiham avant d'être envoyé en
Operationnal Training Unit à Sutton Bridge.
Affecté
le 15 octobre 1940 à 245
Squadron, il est promu adjudant le 1er novembre. Muté
au 213 Squadron
à Tangmere puis, en avril 1942, au 253
Squadron, il effectue 207 missions de guerre dont 65 de
nuit.
Volontaire pour servir au Groupe
de Chasse n°3 "Normandie" dès la création
du groupe en juillet 1942, il parvient en URSS, via le Moyen-orient,
le 23 novembre 1942. Il vole en reconnaissance dès le mois
de décembre 1942 et s'entraîne de janvier à avril
1943.
Il commence ensuite ses premières missions d'escorte
et de protection. Le 23 juin, il endommage un Focke Wulf 189. Il participe
en juillet 1943 à la bataille d'Orel : le 14 et le 16, il abat
deux appareils en collaboration avant d'être descendu en vol
et blessé le 17.
Reprenant ses opérations, Didier Béguin
abat un Junkers 87 le 30 août et, promu capitaine en septembre,
prend le commandement de l'Escadrille "Le Havre". Le 15
septembre il abat un nouvel appareil en collaboration puis un autre,
seul cette-fois, le 22.
Epuisé, il est rapatrié après son tour d'opération
et quitte l'URSS en février 1944. Il a remporté 6 victoires
aériennes et une probable. Après une période
de repos puis un stage à l'OTU 53 en juin 1944, il reprend
le combat sur le front occidental avec le 130
Squadron en août 1944.
Le 10 octobre 1944, il prend le commandement de l'escadrille "Strasbourg"
du Groupe de Chasse "Alsace" (341
Squadron). Didier Béguin totalise 338 missions de guerre, lorsqu’il
est abattu à la tête de son escadrille par la DCA dans
la région d'Arnhem (Hollande) le 26 novembre 1944. Son corps
n'a pas été retrouvé.