Historique de l'Aéronautique Militaire Française
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Arme jeune, l'Aéronautique Militaire a été subordonnée, à ses débuts, à l'Armée de Terre. Cette Armée de Terre, contrainte par la spécificité de cette arme, donne une autonomie relative à l'aviation, le 22 octobre 1910, en créant un service d'Inspection Permanente de l'Aéronautique. Le 29 mars 1912, une loi-statut sur l'Aéronautique Militaire est publiée, complétée par un décret le 22 août. Le mot Avion est choisi par les militaires, tandis que Aéroplane devient le terme civil. En vue des grandes manoeuvres de 1912 (septembre), trois groupes d'Aviation sont créés :
L'utilité de l'Aviation se faisant éclatante lors des manoeuvres, des escadrilles voient le jour. Créées dans l'ordre chronologique, les initiales les précédant déterminent le type d'avion utilisé. En août 1914, 23 escadrilles se partagent 138 avions, utilisés par 321 pilotes (les Allemands possèdent 34 escadrilles et 232 avions) :
Dès la fin 1914, d'autres escadrilles sont mises sur pied, une organisation va commencer à se dessiner, les groupes de bombardement, relevant de l'Etat-Major, sont créés. En janvier 1915, il y a 480 pilotes, en septembre 1192 et en septembre 1917, 6417. L'effort est certain. La contribution alliée est simple : les fronts belges et anglais ont chacun leur aviation propre auxquelles viennent quelques renforts français, de temps à autre. Seuls les Caproni du GB 18 sont intégrés chez les Français. L'aviation française, sur les autres fronts, est à l'origine des Forces aériennes des pays concernés : Russie, Albanie, Bulgarie, Grèce et Serbie. Une parenthèse doit être consacrée aux étrangers ayant volé sous couleurs françaises, en Europe : Américains (dont escadrille La Fayette) Danois, Japonais, Russes, Belges, etc. Organigramme type, le 15 juillet 1918, Front de l'Aisne.
De l'autre côté des lignes, se trouve la IIIe Armée allemande :
Il est à signaler que l'Allemagne avait misé sur la mobilité de son aviation, surtout en ce qui concernait la Chasse, et l'ordre de bataille, d'un front à l'autre, changeait en quelques heures. Sur le front italien. l'aviation autrichienne menait les opérations avec quelques unités allemandes.
Organigramme Front Italien Isonzo fin 1917
ALLEMAGNE-AUTRICHE (octobre 1917) (Front italien - Isonzo)
Forces expéditionnaires des Etats-Unis (AEF /US) Entrés en guerre massivement à partir de mai 1918, nombre d'unités ont été crées au sein de l'AEF. Les structures sont apparues au fur et à mesure de l'arrivée des unités au front, principalement concentrées sur le centre et le centre-est, une des plus grosses bases étant Toul. A l'armistice les Américains disposaient de 20 escadrons de chasse (en 5 groupes), de 18 escadrons d'observation (en 7 groupes) et de 7 escadrons de bombardement (en 2 groupes). Le nombre de victoires revendiquées atteint 781 et 73 ballons, pour la perte de 237 hommes. Exemple de structure :
En ce qui concerne les escadrons de chasse, voici, pour mémoire, les différentes unités : SPAD : 22 aero, 27, 94, 95, 103, 138, 638, 1, 3, 17, 28, 49, 93, 139, 141, 147, 185, 213 CAMEL : 17, 148 aero squadron SE 5 : 25, 148 Royal Flying Corps (Printemps 1918)
A noter, sur le front des Flandres, au nord, la présence de l'Armée belge. En 1918, la Belgique possédait deux bases principales, à trois escadrilles chacune. En mars, le commandement forme le premier groupe de chasse, sur Spad et Camel : Groupe de Chasse (les Moeres), Aviation d'Armée franco-belge. 9' escadrille (ex Ire esc.) – Sopwith Came! 10' escadrille (ex 5' esc.) – Spad 13 11e escadrille – Sopwith Camel Les Français et les Américains détachèrent temporairement des escadrilles en renfort sur ce front très actif, notamment avec les 17 et 148 aero squadron. Les Français furent présents avec le Groupe Cigognes et la C 74, entre autres, tandis que le GC 23, les SPA 62, BR 238, ainsi que les escadrilles belges n° 7 et 8 complétaient cette Aviation d'Armée franco-belge. Ordre de bataille force aérienne allemande Front Ouest (printemps 1918) ETAT-MAJOR
Le nombre des escadrilles assujetties aux armées fluctuaient en fonction des besoins, la force aérienne allemande étant avant tout très mobile.
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Aéronautique Navale
Les avions utilisés au début de la Première Guerre mondiale pour les opérations sur mer étaient de conception simple et destinés à l'observation de l'ennemi. On utilisait pour cela des avions terrestres et des hydravions tels que Sopwith Schneider et Baby.
Ceux-ci, biplans monoplaces tractés munis de deux flotteurs, étaient un peu. mieux adaptés que les avions terrestres pour opérer en mer. Les Britanniques les utilisèrentpendant toute la guerre pour la reconnaissance et les opérations antiZeppelins.
Les puissances d'Europe centrale attachaient une importance beaucoup plus grande à l'hydravion. En Allemagne, les principaux producteurs d'hydravions étaient Friedrichshafen et Hansa-Brandenburg qui fournissaient aussi leurs appareils à l'Autriche-Hongrie.
Le plus réussi des hydravions de Friedrichshafen était le FF-33 qui apparut en 1915 et fut construit en un nombre ahurissant de variantes pour missions de patrouilleet escorte.
Le FF-33 I de l'automne 1916 était équipé d'un moteur en ligne Benz de 150 CV. A part ses deux flotteurs, c'était un biplan tracté parfaitement classique et il avait une vitesse de 136 km/h, une autonomie de 6 h; armement : une mitrailleuse fixe et une pivotante.
Hansa-Brandenburg produisit, sous la direction d'Ernst Heinkel, plusieurs hydravions de chasse et de patrouille très remarquables. Ce fut d'abord le KDW dontles deux ailes étaient haubanées de croisillons interplans en étoile.
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Hydravion Britannique, Porte-Felixstwe F-2A |
Cet appareil était monté sur deux flotteurs, son moteur en ligne Maybach de 160 CV lui donnait une vitesse de 172 km/h; il portait deux mitrailleuses fixes.
II entra en service au milieu de 1916 puis fut remplacé l'année suivante par un hydravion biplace W-12 à moteur en ligne Benz de 150 CV qui marchait à 160 km/h et était armé de trois mitrailleuses. Le meilleur appareil de Heinkel fut le W-29 qui sortit au milieu de 1918.
C'était un monoplan biplace à deux flotteurs, moteur Benz en ligne de 150 CV, vitesse 175 km/h.
Pendant la Première Guerre mondiale, la plupart des autres pays optèrent pour des hydravions monocoques. En Autriche-Hongrie, le type le plus commun était le Lohner-L de patrouille et reconnaissance, qui entra en service en 1915.
II était propulsé par un moteur monté entre les ailes dont la plus basse reposait sur la coque. Son moteur Austro-Daimler lui donnait une vitesse de 104 km/h, une autonomie de 4 h. II pouvait emporter 440 livres de bombes et une mitrailleuse.
L'Italie adopta la même forme que Lohner pour ses hydravions Macchi. Un de ceux-ci, le M-5, était un chasseur monoplace qui atteignait la remarquable vitesse maximale de 188 km/h avec un moteur IsottaFraschini en ligne de 160 CV. Son armement était de deux mitrailleuses.
La France adopta aussi ce type et le FBA type H devint l'hydravion le plus construit pendant la guerre. Le type-H de construction italienne était actionné par un moteur Isotta-Fraschini de 180 CV qui le faisait voler à 140 km/h; armement : une mitrailleuse et un petit chargement de bombes.
Mentionnons aussi des hydravions Curtiss d'après lesquels furent construits les meilleurs hydravions de la guerre, les Porte-Felixstowe F-2A et F-3 britanniques.
Le point faible principal des hydravions Curtiss était la médiocre conception de la coque. Le nouveau créateur d'avions, le chef d'escadrille J.-C. Porte, du Royal Naval Air Service, élabora une nouvelle forme de coque et y monta des moteurs plus puissants.
Le résultat fut un élégant appareil de patrouille et de lutte anti-sousmarins d'une redoutable efficacité. Le F-2A était équipé de deux moteurs Rolls-Royce Eaglede 345 CV chacun, qui lui donnaient une vitesse de 153 km/h et une autonomie de 6 h. II était armé de sept mitrailleuses Lewis et 460 livres de bombes.
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Un Sopwith Pup à skis apponte sur la plage arrière du porte-avions Britannique Furious en 1918. |
II entra en service en 1917. L'innovation la plus importante à long terme fut l'aviation embarquée. Nous avons déjà vu que les premières expériences avaient été entreprises par les Américains, mais le premier appontage sur un navire en marche fut fait par un pilote britannique avec un Sopwith Pup, le 2 août 1917. Les Britanniques créèrent des platesformes d'envol sur les tourelles des cuirassés et des croiseurs, maisil n'y avait pas de moyen pour poser l'avion de reconnaissance sur le navire. |
Le pilote devait « entrer dans le décor » avec la quasi-certitude de fracasser son appareil.
C'est pourquoi les Britanniques expérimentèrent des porte-avions dont le premier, le HMS Furious, permit l'appontage historique mentionné plus haut. Beaucoup d'ingéniosité fut consacrée à la construction d'avions qui puissent se poser à bord des premiers porte-avions sur des patins qui réduisaient leur course d'appontage.
A la fin de la guerre, le Furious fut converti : il eut un seul pont, sur toute sa longueur, surlequel pouvaient manceuvrer des avions à roues ordinaires. A l'origine,le navire comportait une plate-forme d'envol sur la proue et une d'appontage sur la plage arrière.
Désormais, l'avion embarqué, portant bombes et torpilles, allait devenir l'arbitre de la guerre navale. Le premier avion spécialement conçu pour le porte-avions était l'hydravion Fairey Campania, et avec la venue d'avions porte-torpilles tels que le Sopwith Cuckoo, l'ère du cuirassé approchait de sa fin.
Lorsqu'on revoit l'aviation de la Première Guerre mondiale, on peut faire deux constatations majeures. D'abord, d'immenses progrès avaient été. faits dans le développement de l'aéroplane en tant qu'arme sûre et polyvalente. Ingénieurs et aérodynamiciens avaient produit des machines robustes satisfaisant aux conditions du combat.
Les théoriciens avaient défini les rôles des différents types d'avions. La seconde constatation est que l'utilisation militaire des aéroplanes était encore infantile, que les théoriciens s'étaient trompés pendant la guerre et qu'ils continuèrent à se tromper après 1918.
De nombreuses années devaient passer encore avant que l'avion agisse comme une arme décisive plus que comme un auxiliaire d'intérêt secondaire des forcesterrestres.















