Historique de l'Aéronautique Militaire Française
|
Historique de l'Aéronautique Militaire Française
Aéronautique Navale
Les avions utilisés au début de la Première Guerre mondiale pour les opérations sur mer étaient de conception simple et destinés à l'observation de l'ennemi. On utilisait pour cela des avions terrestres et des hydravions tels que Sopwith Schneider et Baby. Ceux-ci, biplans monoplaces tractés munis de deux flotteurs, étaient un peu. mieux adaptés que les avions terrestres pour opérer en mer. Les Britanniques les utilisèrentpendant toute la guerre pour la reconnaissance et les opérations antiZeppelins. Les puissances d'Europe centrale attachaient une importance beaucoup plus grande à l'hydravion. En Allemagne, les principaux producteurs d'hydravions étaient Friedrichshafen et Hansa-Brandenburg qui fournissaient aussi leurs appareils à l'Autriche-Hongrie. Le plus réussi des hydravions de Friedrichshafen était le FF-33 qui apparut en 1915 et fut construit en un nombre ahurissant de variantes pour missions de patrouilleet escorte. Le FF-33 I de l'automne 1916 était équipé d'un moteur en ligne Benz de 150 CV. A part ses deux flotteurs, c'était un biplan tracté parfaitement classique et il avait une vitesse de 136 km/h, une autonomie de 6 h; armement : une mitrailleuse fixe et une pivotante. Hansa-Brandenburg produisit, sous la direction d'Ernst Heinkel, plusieurs hydravions de chasse et de patrouille très remarquables. Ce fut d'abord le KDW dontles deux ailes étaient haubanées de croisillons interplans en étoile.
II entra en service au milieu de 1916 puis fut remplacé l'année suivante par un hydravion biplace W-12 à moteur en ligne Benz de 150 CV qui marchait à 160 km/h et était armé de trois mitrailleuses. Le meilleur appareil de Heinkel fut le W-29 qui sortit au milieu de 1918. C'était un monoplan biplace à deux flotteurs, moteur Benz en ligne de 150 CV, vitesse 175 km/h. Pendant la Première Guerre mondiale, la plupart des autres pays optèrent pour des hydravions monocoques. En Autriche-Hongrie, le type le plus commun était le Lohner-L de patrouille et reconnaissance, qui entra en service en 1915. II était propulsé par un moteur monté entre les ailes dont la plus basse reposait sur la coque. Son moteur Austro-Daimler lui donnait une vitesse de 104 km/h, une autonomie de 4 h. II pouvait emporter 440 livres de bombes et une mitrailleuse. L'Italie adopta la même forme que Lohner pour ses hydravions Macchi. Un de ceux-ci, le M-5, était un chasseur monoplace qui atteignait la remarquable vitesse maximale de 188 km/h avec un moteur IsottaFraschini en ligne de 160 CV. Son armement était de deux mitrailleuses. La France adopta aussi ce type et le FBA type H devint l'hydravion le plus construit pendant la guerre. Le type-H de construction italienne était actionné par un moteur Isotta-Fraschini de 180 CV qui le faisait voler à 140 km/h; armement : une mitrailleuse et un petit chargement de bombes. Mentionnons aussi des hydravions Curtiss d'après lesquels furent construits les meilleurs hydravions de la guerre, les Porte-Felixstowe F-2A et F-3 britanniques. Le point faible principal des hydravions Curtiss était la médiocre conception de la coque. Le nouveau créateur d'avions, le chef d'escadrille J.-C. Porte, du Royal Naval Air Service, élabora une nouvelle forme de coque et y monta des moteurs plus puissants. Le résultat fut un élégant appareil de patrouille et de lutte anti-sousmarins d'une redoutable efficacité. Le F-2A était équipé de deux moteurs Rolls-Royce Eaglede 345 CV chacun, qui lui donnaient une vitesse de 153 km/h et une autonomie de 6 h. II était armé de sept mitrailleuses Lewis et 460 livres de bombes.
Le pilote devait « entrer dans le décor » avec la quasi-certitude de fracasser son appareil. C'est pourquoi les Britanniques expérimentèrent des porte-avions dont le premier, le HMS Furious, permit l'appontage historique mentionné plus haut. Beaucoup d'ingéniosité fut consacrée à la construction d'avions qui puissent se poser à bord des premiers porte-avions sur des patins qui réduisaient leur course d'appontage. A la fin de la guerre, le Furious fut converti : il eut un seul pont, sur toute sa longueur, surlequel pouvaient manceuvrer des avions à roues ordinaires. A l'origine,le navire comportait une plate-forme d'envol sur la proue et une d'appontage sur la plage arrière. Désormais, l'avion embarqué, portant bombes et torpilles, allait devenir l'arbitre de la guerre navale. Le premier avion spécialement conçu pour le porte-avions était l'hydravion Fairey Campania, et avec la venue d'avions porte-torpilles tels que le Sopwith Cuckoo, l'ère du cuirassé approchait de sa fin. Lorsqu'on revoit l'aviation de la Première Guerre mondiale, on peut faire deux constatations majeures. D'abord, d'immenses progrès avaient été. faits dans le développement de l'aéroplane en tant qu'arme sûre et polyvalente. Ingénieurs et aérodynamiciens avaient produit des machines robustes satisfaisant aux conditions du combat. Les théoriciens avaient défini les rôles des différents types d'avions. La seconde constatation est que l'utilisation militaire des aéroplanes était encore infantile, que les théoriciens s'étaient trompés pendant la guerre et qu'ils continuèrent à se tromper après 1918. De nombreuses années devaient passer encore avant que l'avion agisse comme une arme décisive plus que comme un auxiliaire d'intérêt secondaire des forcesterrestres.
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||















