Ernst Udet
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Ernst Udet, le professionnel Né le 2è avril 1898, le jeune Udet s'engage dans la 2è Division Wurtembourgeoise de Réserve. Amoureux des choses de l'air, il réussit, avec un peu d'opiniâtreté, à se faire affecter comme observateur à la F/ Abt. 206 de Saint-Quentin, équipée en Aviatik biplaces. Pilote depuis quelques semaines, le 29 novembre 1915, Udet se trouve à la F/ Abt.68, stationnée à Habsheim. Peu avant Noël, le guet à vue annonce un avion français survolant le territoire, et Udet, de permanence, décolle pour intercepter l'intrus... Manoeuvrant pour lui couper la route, le jeune pilote allemand se dirige vers le Français pour une attaque frontale. Mais, pétrifié d'émotion, il ne tire pas, laissant au Caudron l'occasion de le faire. Les premières balles qui sifflent lui font reprendre ses esprits et il réplique au tir.
Lorsque le combat cesse, le bilan est plutôt positif pour les Français : 57 bombes larguées sur Habsheim et 15 sur la gare de Mulhouse. Les Français revendiquent cinq Allemands (dont deux par abordage) pour la perte de cinq des leurs. Udet, quant à lui, rentre avec une victoire. Quelques temps plus tard, lorsque Ernst Udet rejoint la JSI5, il totalise 4 victoires. Sa nouvelle escadrille se situe à Boncourt, 25 kilomètres au nord de Laon. C'est l'offensive de l'Aisne et l'aviation se dépense sans compter. En face du JG 11 dont le PC cantonne à Marche, se trouve le groupe Cigognes qui occupe le terrain de Bonnemaison, à 50 kilomètres plus au sud, près de Fismes. Parmi les plus connus des pilotes se trouvent Guynemer et Dorme. Le choc entre les deux groupes de chasse est rude, et les Allemands y laissent des plumes... Trois mois après son arrivée, totalisant 5 victoires supplémentaires, Udet sera le seul survivant de l'escadrille qu'il a connue.
Le 2è mai, Soulier, de la SPA 2è, se frotte à Udet en fin d'après-midi. Ayant obtenu deux victoires quelques heures plus tôt, Soulier revient sur les lieux du combat avec deux camarades pour homologuer les victoires, mais ceux-ci le lâchent pour diverses raisons. Se retrouvant seul, Soulier prononce une attaque sur un Drachen qu'il vient d'apercevoir dans le soleil couchant. A la 20e cartouche, sa mitrailleuse s'enraye et il fait demi-tour. Dans le virage, Soulier aperçoit quatre Allemands à 2 000 mètres, au-dessus de lui, l'un d'eux a commencé son attaque. Arrivant derrière le Spad, à 200 mètres, l'Albatros ouvre le feu. Soulier manoeuvre alors pour gêner le tir, les trois autres Teutons attaquant également en noria. Soulier reconnaît l'aileron rouge et bleu de « Richthofen ». En fait, c'est celui de Udet, mais comme les Allemands croyaient Guynemer partout, les Français faisaient de même avec l'as germanique.
Après une savante vrille et quelques cartouches tirées après avoir réparé, Soulier rentre plein moteur en serrant les fesses... Les combats incessants épuisent les meilleurs pilotes et Udet n'y échappe pas... Voulant retrouver ses marques, il demande son transfert à la JS 37 où il a quelques amis. L'escadrille qui l'accueille stationne à Wasquehal, entre Lille et Roubaix et, en septembre, l'as teuton est nommé à sa tête. Mais les Anglais et les Belges qu'ils combattent sont aussi aggressifs que les Français, peut-être trop téméraires aussi. Le front anglais a la réputation d'être un paradis pour les chasseurs allemands... Richthofen, qui sait reconnaître la valeur d'un pilote, recrute Udet pour le JG I et, lorsque ce dernier rejoint le Cirque Richthofen, il totalise 20 victoires, dont 14 acquises à la 37. Le 2è mars 1918, huit jours après son arrivée, la JS 11, qu'il commande, se met en place à Léchelle, à une vingtaine de kilomètres au S-0 de Cambrai. Le lendemain, boyaux rouges et Teutons ont une explication très musclée.
Celui-ci devenant incontrôlable, Ernst Udet saute en parachute, mais celui-ci se coince et le pilote se retrouve plaqué contre le gouvernail de direction. A force de se démener, il arrive à se décrocher. Le parachute s'ouvre vers 100 mètres et Udet s'évanouit sous le choc de l'atterrissage... Il se réveille un peu plus tard au milieu de soldats allemands, et, indemne, retrouve son escadrille quatre heures après son départ. La contre-offensive alliée pousse l'ennemi vers ses frontières, et la JG I débute son repli par bonds successifs : Puisieux-ferme (Laon) Ennemain (Péronne). Les effectifs allemands fondent.
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