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Marcel Lefevre

Son père en 1923 est victime d'un grave accident de travail, son frère aîné en 1926, est tué en accomplissant son service militaire.

A 16 ans, Marcel Lefèvre passe brillamment le brevet élémentaire, mais ses parents ne peuvent pas lui faire continuer ses études, il devient employé de banque mais continue à étudier lui-même.

Sportif dans l'âme, il rêve de l'aviation et obtient, grâce à l'Aviation populaire, son brevet de pilote en 1937.

En avril 1938, il s'engage dans l'armée de l'air ; détaché à l'Ecole d'Angers, il y obtient son brevet de pilote militaire le 1er août 1938. Au mois de décembre, il est promu sergent.

Elève moniteur à Istres en janvier 1939, puis à Salon en août, il développe ses talents de pilote. Dès la déclaration de guerre, il devient moniteur de chasse à Bergerac sur Curtiss H 75.

A l'armistice de juin 1940, il totalise 785 heures de vol mais ressent la situation avec l'amertume de celui qui n'a pu participer au combat.

Il se fait démobiliser le 1er janvier 1941 et, après un mois passé avec ses parents, repasse clandestinement la zone de démarcation, fait annuler son congé et se retrouve affecté à Blida puis au groupe de chasse I/III à Oran en avril 1941.

Il se lie d'amitié avec deux camarades - Marcel Albert et Albert Durand - et les trois hommes décident de rallier la France libre.

Le 14 octobre 1941 un exercice est prévu, Marcel Lefèvre aux commandes de son Dewoitine 520, reçoit l'ordre d'attaquer une cible-avion, il part en piqué et disparaît en rase-mottes, en direction de Gibraltar. Ses deux compagnons l'accompagnent. Marcel Lefèvre atteint par erreur le côté espagnol mais parvient à redécoller devant les carabiniers et à rejoindre le rocher de justesse.

Affecté au Centre d'Instruction de Camberley, il passe en février 1942 à l'Operational Training Unit 57 (OTU 57) de Chester et est promu aspirant le mois suivant.

Après trois mois d'entraînement sur les Yak et sous les ordres du commandant Tulasne, le sous-lieutenant Lefèvre se révèle le plus brillant des chasseurs. Il participe aux offensives victorieuses de Ielna, Smolensk et Orcha. Mais, en novembre 1943, le groupe est décimé et épuisé, ayant perdu vingt pilotes. Marcel Lefèvre, quant à lui, compte onze victoires sûres et trois probables.

Des pilotes en provenance d'Afrique du Nord renforcent alors le "Normandie-Niémen" ; Lefèvre sans hésiter ne prend pas les quelques mois de repos auxquels il a droit, mais se sacrifie pour "mettre en selle" les nouveaux venus.

En mai 1944, le groupe quitte Toula pour repartir au front, dans la région de Vitebsk.

Le 28 mai 1944, alors qu'il totalise 1 300 heures de vol et 128 missions de guerre, Marcel Lefèvre part en mission de reconnaissance sur les lignes à la tête de 11 Yak. Mais son appareil subit une avarie, une fuite d'essence, et tente alors de le ramener. Au moment où il se pose sur le terrain où stationne le "Normandie", une immense flamme jaillit sous le ventre de l'avion et Lefèvre, torche humaine, sort de l'appareil en courant et se roule sur le sol. Il est immédiatement conduit à l'infirmerie du régiment, gravement brûlé au visage, aux mains et aux cuisses, mais il garde un bon moral.