Il rejoint alors l'Ecole
de perfectionnement d'Etampes avant d'intégrer l'Ecole de l'Air
à Salon de Provence. Fin 1938, sa formation de pilote est terminée
et il reçoit sa première affectation à la 1ere
Escadrille du GC I/5 en octobre 1938 à
Reims.
En cette fin de décennie, la perspective d'une guerre devient
de plus en plus inéluctable et l'invasion de la Pologne en
septembre 1939 marque le début de ce qui deviendra le plus
grand conflit de tous les temps.
Côté Français,
ce début de guerre est marqué par une situation d'attente
plus connue sous le nom de drôle de guerre mais qui n'eu de
drôle que le nom, avec ses rares victoires, ses missions infructueuses
et ses premiers morts. Au cours de cette période, Dominique
Penzini effectue de nombreuses sorties.
Dès le 26 septembre,
un premier accrochage avec l'ennemi a lieu. La rencontre se solde
sans perte mais au terme du combat le niveau de carburant est au plus
bas. Dominique Penzini, réservoirs
à sec, parvient à poser son Curtiss après un
long vol plané débuté à 3000 mètres
d'altitude. Il est chaudement félicité par le commandant
d'unité pour sa performance qui aura permis d'éviter
la perte d'un appareil.
Après quelques succès en septembre, le Groupe poursuit
ses missions sans parvenir à augmenter son palmarès.
Il perd aussi ses premiers pilotes en la personne de qui se trouvent
des amis de Dominique Penzini. Début
1940, on lui propose d'aller suivre des cours à l'Ecole des
Officiers de Réserve mais après 2 semaines de formation
il demande à retourner dans son unité, préférant
rester auprès de ses camarades en ces périodes troublées
où tout peut rapidement basculer.
Le premier jour de l'offensive
à l'Ouest, le 10 mai 1940, il est debout à 4 heures
30 du matin et vole comme équipier de Marin
la Meslée. Ils engagent une formation de Do 17 sans résultat.
Le 12 mai, Dominique Penzini part en
début de matinée en compagnie de l'Adjudant-Chef Bouvard
et du Sergent-Chef Muselli. Au cours
d'un engagement avec des bombardiers Do 17, l'Adjudant -Chef Bouvard
est grièvement blessé au visage et Muselli
doit se poser sur le ventre après que son appareil ait été
touché par le tir défensif des bombardiers.
Plus tard
dans la journée, 6 appareils décollent et interceptent
un premier groupe de Do 17 du KG 3. Le Capitaine Accart est légèrement
blessé dans l'engagement et doit regagner sa base. Un peu plus
tard, les 5 appareils restants interceptent des Ju 87 près
de la frontière Belge et font un véritable carnage sans
perte côté Français. En quelques minutes, Dominique
Penzini vient de réaliser un triplé avec 2 victoires
individuelles et 1 en collaboration avec le Sous-Lieutenant Rey
et le Lieutenant Marin la Meslée.
Il a tiré 2200 cartouches et reçu 5 projectiles dans
son propre appareil.
Nouvel affrontement dès le lendemain mais sans résultat
pour Dominique Penzini qui doit rompre
le combat pour cause de problèmes mécaniques. Le 16
mai, il remporte son 5eme succès mais qui est seulement sa
4eme victoire confirmée. Dix jours plus tard, le 26 mai, en
accrochant deux nouvelles victoires sur des He 111 à son palmarès,
il devient un As. Le 1 juin, il repère un Hs 126 en mission
d'observation et passe à l'attaque.
L'appareil Allemand tente
de se protéger en volant au ras du sol mais Dominique
Penzini ne lâche pas et l'appareil finit par s'écraser
à Martincourt-sur-Meuse. Touché par le tir défensif,
Penzini doit cependant se poser sur
le ventre. Le 7 (ou le 10 !!!), il abat un Ju 88 en collaboration
avec d'autres pilotes et le 12 juin, il remporte une neuvième
et dernière victoire sur un Hs 126 en collaboration avec le
Capitaine Vasatko et le Lieutenant
Rouquette.
Le jour même, le repli
débute ; Saint-Parrès-les-Vaudes tout d'abord puis Avallon,
Bourges, Vichy, Carcassonne et Perpignan le 18 juin. Le 20, le Groupe
traverse la Méditerranée en direction d'Alger puis Oran
le 22 (Saint-Denis-du-Sig).
Dominique Penzini se trouve à
Oran lors de l'attaque Britannique contre la flotte ancrée
à Mers-El-Kébir mais après avoir pris la direction
de la rade prise sous le feu des Anglais, ils n'engageront finalement
pas le combat. Puis le Groupe s'installe durablement en Afrique du
Nord, à Oran puis à Rabat.
Mais à cette époque,
Dominique Penzini est très malade
et on diagnotique rapidement un kyste amibien qui doit être
opéré d'urgence le 20 août 1940. Cette intervention
doit mettre fin à sa carrière, comme l'en avisent ses
supérieurs mais Dominique Penzini
n'est pas homme à se laisser couper les ailes sans rien dire
et après une longue période de convalensence il lance
un véritable défi à l'équipe médicale
chargée de déterminer son aptitude éventuelle
au vol en lançant : "Si j'arrive à sauter à
la perche, alors vous me laisserez piloter à nouveau".
En 1941; il est champion du Maroc de saut à la perche avec
3 mètres 40.
Le 8 novembre 1942, nouvel affrontement avec les Alliés d'hier,
à l'occasion du débarquement Anglo-Américain
du 8 novembre 1942. Cette fois, l'affrontement sera plus meurtrier
puisque le Groupe a deux tués et 1 blessé le 9 novembre.
Mais les combats sont brefs et bientôt, les Forces Françaises
rejoignent le camp de la liberté. Rééquipé
d'appareils américains, le Groupe reprend l'entraînement
puis le combat en Afrique du Nord à l'occasion de la Campagne
de Tunisie. En mai, Dominique Penzini
est détaché quelque temps pour renforcer le GC
II/5 avant re revenir au GC I/5 le mois
suivant.
En août 1944, Dominique Penzini
est à nouveau affecté en renfort au GC
II/5 qui a subit quelques pertes. une fois le débarquement
de Provence terminé, il rejoint le GC
I/5 à Salon de Provence et après plusieurs missions
sur l'Italie, le Groupe pourchasse les troupes Allemandes le long
de la vallée du Rhône.
Après un rapide passage
au terrain d'Ambérieur du 7 au 29 décembre 1944, le
GC I/5 s'installe à Dôle. Les
missions se poursuivent et au début de l'année 1945
le groupe perd l'une de ses figures emblématiques en la personne
de Marin la Meslée,
abattu la 20 janvier par la Flak. C'est à cette époque
que Dominique Penzini quitte le groupe,
sa demande pour rejoindre le "Normandie-Niemen"
ayant été enfin accordée.
Après un trajet en train de Dôle à Paris, ses
douzes camarades et lui embarquent dans un C-47 à destination
de Téhéran. Après 1 mois d'attente pour obtenir
les visa pour l'URSS, ils arrivent enfin à Toula le 7 avril
1945 par une fraîche température de - 40°C. Dans
l'intervalle, les Soviétiques ont fait tomber la plupart des
résistances Allemandes et ils sont désormais aux portes
de Berlin.
Il fait également
partie de la patrouille de démonstration du "Normandie-Niemen"
sur Yak 3 dont il devient leader après la mort de Robert Marchi.
Il effectuera 34 démonstrations en meeting, essentiellement
à bord du Yak 3 Numéro 22, son appareil attitré.
Après le passage du Groupe sur Mosquito, il suit le "Neu
Neu" au Maroc en 1947. Promu Capitaine le 1 avril 1950, il rejoint
Cazaux et termine sa carrière le 18 mai 1952.